17.9.14

Comment s'organisait le travail ?



L'EXTRACTION DE L'ARGILE

Le premier petit train pour l'acheminement de l'argile datant vraisemblablement de 1932, on peut supposer qu'à cette date la terre s'extrayait déjà à l'aide d'un excavateur. Auparavant, se travail se faisait-il manuellement, à la bêche ? Les témoins de cette époque n'étant plus de ce monde, la confirmation reste donc incertaine.


LA GRANDE MACHINE

C'est ici que les briques prenaient forme...
L'argile arrivait par le haut et tombait dans un bac pour en sortir sous forme d'un boudin plein. Celui-ci pouvait être de deux grosseurs et partait soit vers la gauche, soit vers la droite en fonction du futur format des briques.

A partir des boudins coupés par de fins fils de fer, les briques pleines étaient alors placées sur des planches de bois par des "placeurs". Une spécialité qui exigeait de la part du briquetier un maniement spécial des briques.




EN COURANT VERS LES SÉCHOIRS

Ceux qui avaient pour mission de conduire les briques toutes fraîches vers les séchoirs étaient des adolescents qui couraient en poussant les bas wagonnets sur lesquels les briques étaient posées. Courir ? Bien sûr... Les briquetiers de la "Grande Machine" payés à la production n'aimaient guère attendre le retour des gamins sinon... leur paie s'en ressentait.
Aux séchoirs, d'autres ouvriers, appelés "gameurs" avaient pour mission d'écarter les briques les unes des autres de sorte que le vent puisse facilement les sécher. Enfin, une dernière manipulation venait retourner les briques sur elles-mêmes de manière à assurer un séchage parfait.


UN TRAVAIL DE FEMMES ?

Parmi les vieilles photos d'archives de la Briqueterie, plusieurs photos démontrent la présence de femmes parmi le personnel briquetier. 

Pourquoi ?
Ce fut surtout vrai pendant la Guerre 40-45, durant laquelle la briqueterie continua à fabriquer des drains que l'occupant lui força de vendre.
Durant cette période, la main-d'oeuvre masculine manqua fortement : les hommes étaient prisonniers de guerre en Allemagne, ou se cachaient pour ne point se faire prendre. Ce sont les femmes qui sont venues travailler à leur place. Leur tache consistait en l'empilage des briques vertes sur les wagonnets du petit tunnel. Ou bien, elle placçaient les lattes en bois sur lequelles arrivaient les briques de la coupeuse.

16.9.14

Une très vieille photo de tout le personnel.



Pour enchainer sur la fête de la St-Pierre à la Briqueterie du Progrès, voici LA photo officielle, prise devant un hangar dont on avait préalablement décoré le pignon. C'est dire si l'événement  revêtait une grande importance. On y reconnait, au premier rang, assis au centre, M. Remi De Bruyn portant, comme sur la photo précédente, sa prochette blanche.
A bien lire la liste ci-dessous, beaucoup de noms reviendront dans la mémoire des uns et des autres.  Souvenir, souvenir….



1938 - La fête de la St-Pierre - On y reconnait :assis au 1er rang (de gauche à droite) :
Debailleul A. - Malfrère Achille - Plateau Germaine - Demeulenaere Maurice (l'employé) - De Bruyn Remy (patron) - VanMellaerts Maurice - ...Fédor - Vanraes Georgette - Delle Vedove Emilio (père de Giovani)

debouts, au 2e rang :
Declercq Arthur - x - Fertin André - Marcel Baelen - x - Bergamo Giovanni - Ottogalli Ludovico - Pilosio Arthuro - Allemeersch Fédor  - Desmet René - VanMellaerts Jules - Desmet Victor - Plateau Léon

3e rang :
Werquin Louis - x - Feys Joseph - Cardinal André - Soenen Joseph. - Deplae Joachim - Mareel Arthur - Robaeys André - Van Gansbeke Emile - Allemeersch Prosper - Allemeersch Roger
 Desmet F. - Piloso Emano - Cardon Eugène

4e rang :
Grimmelpont Omer - Bauwen Pierre - Bruneel Léon - Kreus Camille - Verschaeve J. - Claerhout Jean - x - Denecker Pierre - Stalen Olivier - Desmet Jules - Elslander Arthur - Becquaert Jules - Van Peteghem Maurice

5e rang :
Depont Rudolphe - Deleuze Oscar - Piteljon Charles - Heughebaert Marcel - Coutteure Gérard - Mahieu Albert - Desmarez Henri - Verheyde Albert - Caignie Maurice - Bonny Richard

6e et dernier rang :
Kreus Jules - Bonny Edouard - Planckaert A. - Vanuxem Julien - Cappelle Frans - Deplae Daniel - Cappelle Gerard - Deleuze Gaston - Dekeirschiter Roger - Soenen Gaston - Paquet Henri - Degavere Léopold

les enfants assis :
Depont Arsène - Soenen Henriette - Soenen Gilbert - Piteljon Jeanine

15.9.14

1938 - La fête de la St-Pierre - 17 - 18 heures.

Une tradition installée chez les Briqu'teux de l'époque voulait que la fête de la Saint-Pierre (30 juin) commença après la journée de travail, par une réception des femmes à la "Villa".   Invitées du patron, elles avaient l'honneur de trinquer un bon petit mousseux en sa compagnie et celle du tout premier employé : M. Maurice Demeulenaere, un Cominois.

Pendant ce temps-là, les hommes se rassemblaient à la cantine (on en aperçoit les annexes du côté  gauche de la photo) tenue par Aloïs Deswarte. Les vélos appuyés contre les barrières témoignent du moyen de locomotion habituel pour l'époque.

A droite : les fenêtres de la Villa. A gauche : l'annexe de la Cantine.
Dans le fond, la cheminée du Grand Four

Lorsque l'atmosphère s'était bien réchauffée, tant à la cantine qu'à la villa, "on faisait les cafés" nous a-t'on raconté. Tous partaient pour la tournée des cinq bistrots du Touquet. Ils avaient pour enseignes, entre autre :
"Chez Richilde", 
"A la Bascule", 
"Café de la Gare"… 
C'était une virée peu commune où les hommes allaient à pieds, tandis que les dames se faisaient conduire en voiture. Quant aux tournées générales, elles étaient toutes réglées par M. R. De Bruyn qu'on reconnait bien sur cette photo, participant à cette grande sortie du personnel. On le reconnait à sa grande statue, derrière le groupe, sur la gauche : il porte son chapeau et une pochette accrochée au veston. Derrière tout cet attroupement, tous bien endimanchés, distinguons encore deux voitures.

L'apothéose de la fête vint au moment de la mise à feu du "Gugus", un grand pantin fabrqué de chiffons et de paille, suspendu à un fil de fer et un bâton. Durant ce feu de joie, les Briqu'teux, hommes et femmes, faisaient la farandole au son d'un accordéonniste et de ... Gérard Coutteure, au trombone à coulisse, dans l'ambiance que l'on devine !
Ces souvenirs qui sont vraiment très lointains, méritaient bien d'être racontés.   

9.9.14

Le travail était saisonnier !

A ses débuts, la société "Progrès" travaillait au rythme des belles saisons et toute la fabrication des briques se faisait "en extérieur".  La grande question, pour le patron de l'époque était de trouver la bonne date de démarrage de la saison. Mars, avril, mai ??

Condition impérative : la production ne pouvait pas courir le risque de subir une seule gelée, car en une nuit, toute la production pouvait être détruite. Les briques mises à sécher  dans les hangars bas... ouverts aux courants d'air risquaient trop de se fêler.

Il faut savoir aussi qu'un travail saisonnier fait appel inévitablement à une main-d'oeuvre habituée à ce rythme. Elle pouvait être locale tout comme elle pouvait provenir de loin, de Flandre en particulier, à qui la briqueterie offrait aussi un logement, le temps des campagnes.

C'est la raison d'être de cette demi-douzaine de petites maisons ouvrières contruites en une rangée accolée à la cantine. Les ouvriers saisonniers y trouvaient là un hébergement sur place.

Quant aux "fours à l'air", des témoins rapportèrent qu'ils brûlaient durant 15 jours. Ils fonctionnaient évidemment en extérieur où 1.500.000 briques étaient entréposées, mélangées à du charbon, sur une hauteur de 3 à 4 m de hauteur.

La vue ci-contre montre les "ruines" d'un tel four, encore existantes en 1973. Il était situé à 1 km au nord-est, er servait à la briqueterie concurrente de La Lys. L'eau qui l'entoure provient du fait de l'extraction de la terre le plus près possible pour en fabriquer des briques. Aujourd'hui, ce monticule n'est plus qu'un ilot de verdure, tel qu'indiqué sur la carte ci-dessous.

 

8.9.14

1933 - Visite du Gouverneur de la Province

Maintenant que nous avons repéré les lieux (d'entre -les-deux-guerres), évoquons une première visite importante qui eut lieu vers 1933.

Monsieur Remi De Bruyn eut l'honneur de recevoir la visite  de Monsieur Baels, Gouverneur de la province "Flandre Occidentale"  et qui était le père de la future Princesse Liliane, deuxième épouse du roi Leopold III.
Accompagné d'un doyen doyen ecclésiastique, de M. Charles Van Reninghe, du curé du Bizet, ainsi que MM. Pierre de Simpel et Robert Lepoutre, ils découvrirent les lieux stratégiques de la briqueterie : l'extraction, le fabrication, le stockage et la livraison.
Les archives des Briqueteries de Ploegsteert détiennent encore d'éloquentes photos de cet événement. Je les remercie d'avoir bien voulu me prêter ces photos exceptionnelles. On y reconnait facilement le patron de l'usine à son grand chapeau et ses bottes.  Les couvre-chefs des invités permettent de deviner leur identité.  Détail amusant : le chapeau boule et la canne devaient être à la mode !

Toutes les photos de ce reportage sont à voir sur une autre page.  Voir la rubrique "Séries photographiques"

4.9.14

Finissons le "tour du propriétaire" !

Nous sommes maintenant au dernier article pour l'examen de l'implantation de l'entreprise.

La Grande Machine : Sans doute impressionnante par son fonctionnement et les briques ordinaires qu'elle fabriquait, elle mérita souvent d'être  photographiée.  Comment fonctionnait-elle ?  Je donne libre cours à votre imagination.


La villa
Du souvenir d'enfant que j'étais, elle ressemblait à un batiment en briques jaunes, à un étage, de forme cubique avec une toiture en plate-forme, avec tout le tour un rehaussement des murs à clair-voie. Pour y entrer, il fallait passer par un petit jardinet. 
Construite vers 1934-35 par M. Demeulenaere père, d'Houthem, elle servit tantôt d'habitation, tantôt de bureau jusqu'en 1960. Elle portait le n° 228 sur le territoire communal de Ploegsteert. 
Or, les bureaux actuels, construits vers 1960,  sont situés sur le territoire de l'ancienne commune de Warneton et...du côté des numéros impairs de la rue du Touquet. Un paradoxe qui a toujours existé par un  N° 228… introuvable jusqu'aujourd'hui, depuis qu'une superbe décoration métallique l'indique en très grand, devant le Centre Social.

La Cantine : Elle était tenue par Aloïs Deswarte qui avait également la mission d'aller chercher les wagons à la gare… du Touquet.
Jouxtant la cantine, cinq maisons ouvrières.
Derrière la cantine : un premier magasin utilisé ensuite comme bureau; une petite annexe appelée "boyau", ainsi qu'un entrepôt à huiles.


La Réserve à sciure : Jadis, on trouvait de la sciure de bois partout dans la briqueterie.
On raconte que M. Rémi De Bruyn avait un jour fait une grande réclame... si bien que toute la sciure de Belgique arriva au Touquet. Il fallait bien la stocker quelque part !

Les Fours :  Désigné par "Grand" ou "Petit", ils étaient du type Hoffman : c'est-à-dire : le feu qui se déplace dans le four.

Le 1er four tunnel :
Sa construction fut commencée avant la guerre mais dut être interrompue.  Comme son nom l'indique : des wagonnets guère plus grands qu'une table de cuisine, se déplaçaient dans la zone de feu.
Sur la photo ci-contre, il s'agit du bâtiment qui traverse la photo. En deça, le chemin des Renards. Enfin, sur le champs en avant-plan, s'est construit  le "Brimo" devenue récemment "Verbo".







1.9.14

Les poules du Touquet étaient bien nourries.

Poursuivons notre promenade dans le temps passé, le long de la rue du Touquet et du chemin des Renards !
Voyez :

L'écurie. Entre le "petit stalton" et le "dépôt à façades" se trouvait une petite ferme où vivait le cheval surnomé "Jules". Epuisé d'avoir trop tiré les wagons de la terrasse, "Jules" est mort en juin 1950.
On a raconté encore que : le "Grand Patron", ancien artilleur sous les armes, se plaisait à conduire avec beaucoup d'énergie ce canasson parfois un peu récalcitrant !
Autre détail  amusant... : "Jules" détenait un record pour manger beaucoup de bons grains.  Evidemment, toutes les poules du Touquet étaient nourries à l'avoine !

Le "petit stalton" fut le bâtiment où l'on fabriqua les premières poutres précontraintes, en 1952. En souvenir : deux petites vibreuses à béton poussées à la main, des "couvercles" posés, la nuit par dessus les tables pour réchauffer le béton et en accélérer le séchage...

La forge, était un petit bâtiment en briques et tuiles rouges, longeant la piste cyclable. : les premiers mécaniciens d'entretien y travaillaient dans la pénombre, sur de la terre battue !

Le "premier bureau du patron" se situait dans les annexes de la cantine.

Même précision que pour la précédente sans certitude de l'origine de la photo.