14.2.15

Bizarre ! Ce béton armé, là ! Bizarre, vous avez dit "Bizarre" !

Il fallait bien commencer par "raconter" la terrasse !  Avec toutes ses histoires.
Et… ce n'est pas fini !
Parmi les secrets que recèlent nos futures carrières inexploitées de l'autre côté de la RN58, combien de découvertes verront-elles le jour encore ?
Parmi les dernières trouvailles… vieilles de deux ou trois décennies, il faut citer encore celles-ci : des restes de la guerre 14-18 !  Nombreux sont les pelles rouillées, les baïonettes pliées, les boutons cuivrés régimentés sous oublier les culs d'obus ou les "lotjes", ces plombs qu'on a aussi appelé "schrapnel" !
Mais la plus encombrante trouvaille fut cet "abri béton".  Allemand, anglais ?…  Voilà une bonne question pour les historiens.
Toujours est-il qu'il a fallu plusieurs jours pour venir à bout de la destruction  de ce énorme bloc de béton armé  afin d'assurer la poursuite de l'extraction.
D'ailleurs, la Briqueterie d'aujourd'hui, se situe bien… entre deux cimetières britanniques. C'et beaucoup dire !

Voici quelques photos souvenir.  Qui peut encore en donner la date ?




11.2.15

Pour un morceau d'ivoire… d'il y a 20.000 ans ?

En 1987, une autre défense de mammouth, bien plus grande, mais très endommagée, a fait son appartition.  C'était la grande effervescence au sein des spécialistes et des amateurs de la Société d'Histoire.
La presse y avait été convoquée.  La télé locale aussi !   C'est dire !
En voici quelques photos.  Et pendant ce temps-là, l'exploitation de la terrasse est au poind mort.








Une partie de la défense de mammouth est sortie de terre. Deux briqu'teux y ont aidé. Les reconnaissez-vous ? 





9.2.15

Une mine de trésors pour les archéologues !


Fallait-il que l'oeil du conducteur de l'excavatrice surveille constamment la face grattée de l'argilière ? Avait-il l'oreille pour entendre le moindre bruit suspect produit par la chaîne à godets qui trépigne sur un corps dur ?
- "Tiens, qu'y a-t-il là ?"   Il arrêtait le moteur, et, en emportant sa pelle, il descend voir !
Un debris métallique rouillé de la Première Guerre Mondiale, un obus non éclaté,  une pierre anormalement grosse, ou plus profond encore, de bizarres fragments noirs ???
Aussi intrigante que pouvait être cette trouvaille, aussi indispensable était… d'en savoir plus !
L'ami Jules Laenen, le chef de la terrasse, et membre de la Société dHistoire  s'empressait alors d'avertir les archéologues attitrés ou locaux pour venir procéder aux investigations intéressantes.
C'est ainsi qu'en 1977 (?), les premières découvertes de l'époque gallo-romaines furent constatées.
Des morceaux de poterie en terre cuite  (déjà !) furent mises à jour et incitèrent l'ami briquetier-mécano Jean-Marie Dhondt à se trouver une nouvelle passion :  il réussit à  reconstituer tantôt un vase, tantôt une cruche en assemblant et collant les morceaux du… puzzle.
Début 80, nouvelles découvertes : un double puits en bois tressé pouvant avoir été utilisé au IIe siècle. Une fois inutilisable, ce "genre de panier en osier" était rempli d'objets céramiques, métalliques ou de… monnaie. Enfin… c'est ce qu'on y a déccouvert !
Décidemment, les argilières recèlent bien des secrets impénétrales.  On y dénicha encore des tombes révélées par des restes de charbon de bois mélangés à des fragments d'ossements calcinés et des clous oxydés. L'incinération des défunts était-elle déjà de mode ?
Toujours est-il que la preuve en est : un village gallo-romain a bien existé, ici, avant la Réserve Naturelle d'aujourd'hui !

Ce serait manque d'élégance de notre part de ne pas citer ici,  l'ami Patrick Roelens, toujours en service actuellement à la Briqueterie.  Il a contribué énormément et apporte toujours autant à l'archéologie locale pour mener à bien les recherches embourbées d'argile.  

Comme on peut le constater : l'excavateur est à l'arrêt !  Le temps pour les archéologues de procéder à leurs recherches. 
Il y a quelque chose à déterrer : à droite, Patrick Roelens mène l'opération
Les objets céramiques déterrés sont nombreux : voir une vitrine d'exposition à la Sté d'Histoire :


6.2.15

Une première énorme trouvaille !

Un jour, au siècle dernier (sic), la Briqueterie connut un vif émoi… joyeux !
A la terrasse, les ouvriers-terrassiers furent soudain intrigués par l'apparition d'un "corps étranger" gisant bien dans le fond de la carrière.  A un telle profondeur, ce n'était pas coutume. Que des objets métalliques apparaissent presque en surface ne les étonnaient plus guère : sur la ligne du front, les débris métalliques de la guerre 14-18  étaient… monnaie courante. 

Mais là,  ce fut trop bizarre !  On stoppa la machine et l'on descendit dans le fond, bêche à la main pour extraire de la glaise ce "rondin courbé" qui ressemblait fort à du très vieux bois. Une fois retiré de terre, l'ami Henri Dezwarte, s'empressa d'aller au bureau, avec sa découverte sur l'épaule, pour la montrer à M. José Tahon, le responsable de la gestion de la future Réserve Naturelle. 

Une extrémité de la "trouvaille" ressemblait beaucoup à une grosse corne de taureau…! La longueur de la découverte pouvait bien atteindre 1,50 m.  On songea aussitôt à une défense d'éléphant !  Mais ce pachiderme n'a jamais vécu dans nos contrées. Par contre, enfoui à cette profondeur, cette "défense" devait bien s'être déposée là, il y a…  peut-être 50.000 ans.  Après une petite recherche, non pas sur Google, car il n'existait pas, mais dans des encyclopédies, on en vint à la conclusion qu'il s'agissait bien d'une défense de mammouth.  D'ailleurs, on sait aujourd'hui que cet énorme animal à poils laineux vivait dans nos contrées et a disparu depuis justement 12 à 15.000 ans.  A-t-il été trop chassé par l'homme ?  N'a-t-il pas supporté les changements de climat ? 

Comme quoi, si l'on veut faire de l' Histoire, on peut remonter loin !

Défense de mammouth découverte à Ploegsteert, "pour de vrai" ! 

Telles qu'elles se présentaient,… 


  

4.2.15

Un peu de géologie !

A bien observer l'image qui chapeaute ce blog, on remarque encore et toujours ces deux couleurs d'argile : grise en couche inférieure, jaune-brun pour la couche supérieure.
La raison de ces deux types de terre à la texture différente doit remonter à l'ère glacière du Quaternaire, du Pleistocène, lorsque notre continent a connu des périodes de milliers d'années de glaciation et de réchauffement, engendrant un retrait des océans par les rivières (en l'occurence : la Lys)  et en déposant aiinsi des alluvions de nature différente. Tout comme aujourd'hui, lors des inondations dans le sud de la France, la boue qui se dépose dans les maisons.
 S'il fallait dater ces phénomères, disons : Cela s'est passé entre il y a 110.000 et 10.000 ans !
Ces sédiments déposés tout au fond, à l'époque de la préhistoire, se révèlent aujourd'hui être une argile plus grise et se présente  plus "plastique", plus pure, plus glaise.
L'argile du dessus, jaune, contient plus d' "impuretés" alluvionnaires telles que du calcaire, de sable.
En grattant  jusqu'à 7 m de profondeur, les godets de l'excavatrice raclent l'argile sur toute la surface inclinée et le mélange s'opère ainsi naturellement.  C'est ce mélange de terre qui a toujours donné à la brique de Ploegsteert sa couleur si particulière : orange rosé.

Aurions pu extraire plus profondément ? La réponse est négative. Puisque, sous ces 7 mètres d'argile, commence une autre couche inutilisable pour la cuisson des briques : du sable !  Or, c'est aussi à cette profondeur que se loge la nappe phréatique qui contient nos eaux souterraines.

Observation possible, vue de la RN 58, 500 m avant la sortie Touquet





3.2.15

Les gens de la terrasse !

Le premier labeur du Briqu'teux d'autrefois a toujours été celui pelleter la terre du sol pour la charger sur une brouette qu'il poussera vers la machine  à brique !
Peut-on s'imaginer ce travail que les premiers ouvriers terrassiers ont exécuté voici un siècle.
Puis l'excavateur est apparu pour creuser plus profondément l'argile et transformer ainsi les mètres-carré de terres à labours en mètres-cube d'argile, matière première élémentaire pour en fabriquer des briques.

Le travail de ces "gens de la terrasse" dépendait beaucoup des saisons et des conditions météologiques.
De la revue Briqu'Echo de 1976, voici quelques renseignements que les anciens n'auront probablement pas oubliés.
Par jour, 700 wagons remplis déservaient les différentes unités de fabrication. En 1976, la terrasse exploitée couvrait 18 ha, à côté des 3 étangs existants.
On y retirait  environ 1400 tonnes de terre par jour. Et… à cette même année, la réserve de terres environnantes pouvait assurer 12 ans d'activité. Heureusement, Monsieur Joseph De Bruyn s'en est toujours fait l'une de ces principales préoccupations : l'acquisition indispensable de nouveaux terrains autour de la briqueterie pour assurer l'avenir !
Enfin, précisons encore qu'il y a une quarantaine d'années, le département de la Terrasse fontionnait avec une douzaine d'hommes.  :
pour le fonctionnement de la machine : Messieurs
Jules Laenen (chef), Albert Claerhout, Joseph Beele, Robert Beele, Jean Loncke
pour la conduite des "petits trains" :
Jean-Pierre VanHaelewijn, Henri Dezwarte, Marcel Vannin, Stéphane Mahieu.
pour l'entretien général du site :
Camille Dezwarte, Stanislas Piteljon.

Voici quelques photos !  Tous n'y figurent pas, hélas !  Mais on se rappelle bien d'eux !













2.2.15

"La terre est basse !", et elle a toujours été lourde !

Travailler à la terrasse ?
Fallait être costaud pour y assurer ce boulot, car l'argile, cette terre aussi lourde qu' attachante, avait un caractère un peu rebelle : elle ne se laissait pas faire facilement, comme un fluide sable de mer, non, elle collait aux bottes, à la pelle, aux mains, au visage !
Quelle force des biceps fallait-il développer pour dégager, de la "klitte" qui l'entourait,  une roue de la gigantesque machine qui refusait de progresser ?
On n'entrait pas dans la terre glaise comme dans du beurre mou !  Les briqu'teux de la terrasse connaissaient sa résistance mais ils savaenit qu'isl auraient toujours le dernier mot !
Faut-il parler des conditions météo ?  Quand le temps était eu beau fixe, avec un soleil radieux, ils aimaient entendre qu'on leur dise :
- "Comme vous avez de la chance de travailler, ici, par un ce si beau ciel bleu !"
- "Tu reviendras nous dire cela quand il va pleuvoir, sous la tempête, en hiver… Nous, on sera là,… mais toi ???? "
On changeait vite d'avis tout en reconnaissant leurs difficiles conditions de travail !

Il fallait aussi "ripper" : c'est-à-dire déplacer la large voie ferrée d'un côté puis de l'autre, pour permettre  l'extraction de se poursuivre en reculant !  Des tonnes de rails et de billes de chemin de fer à pousser petit à petit au pied de biche et… à l'huile de bras !  Sans cela, les "trous de briqueterie" ne se seraient jamais agrandis !

Que dire, aujourd'hui, qu'un excavateur est déjà sur place pour entamer une nouvelle carrière, à l'est du pont du Badou !

Voici une première série de photos des années 70-80 !

La Briqueterie vient de faire l'aquisition d' un tout nouvel extracteur.  MM. Jules Laenen, Dany Debacq et Albert Claerhout vont le mettre en activité ! 


Deux "terrassiers" affectés au remplissage des wagonnets. 

Deux autres ouvriers de la terrasse, pour l'autre excavateur !  Le passage du photographe, l'ami Frans Maréchal, a dû les enchanter !